vendredi 8 mai 2026
7./ ROBERT BOYAVAL (1923 - 2002) : Le "chantre des Pays Miniers". - Illustration vidéo : Extrait d'une émission de télévision régionale avec Robert Boyaval.
Robert Boyaval, né à Douai le 9 juin 1923 et mort à Bailleuil le 28 juillet 2002, est un poète français, surnommé le « chantre des Pays Miniers ».
Fils de mineur, il s'initie aux métiers de la mine puis à divers petits emplois avant de devenir pompier volontaire au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1943, alors que Douai est occupé, il rejoint l’école de gendarmerie de Pamiers. Il est ensuite affecté à Somain afin de participer à la résistance (médaille militaire en 1962).
Autodidacte, il se passionne pour les œuvres de Marceline Desbordes-Valmore et le patois picard à travers les écrits de Jules Mousseron, Théophile Denis et Louis Dechristé. Diplômé d’études criminelles de la Faculté de droit de Lille, il s'attache à défendre la justice et la liberté, notamment en s'impliquant dans la lutte contre la maltraitance des enfants. Dès 1946, il participe à de nombreux concours littéraires régionaux, nationaux et internationaux et devient membre actif et d’honneur de plusieurs académies de France et de l’étranger, dont la Société des gens de lettres de France. Il est titulaire de nombreux prix et récompenses, de distinctions françaises et étrangères : l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Arras, lui décerne 21 médailles ; les « Violetti picards », 31 médailles en poésie et prose ; la Haute Académie internationale de Lutèce à Paris lui décerne en 1968 son Grand Prix international. Il participe à plusieurs anthologies et revues. Certaines de ses œuvres sont traduites et publiées en Grèce, en Roumanie, au Portugal, aux États-Unis, en Bulgarie, en Chine. Les distinctions affluent alors de tous les continents. Il enregistre 38 œuvres à Radio-Lille pour l’émission Terrils et Corons entre 1951 et 1954. La peinture, sa seconde passion, lui apporte également la reconnaissance de diverses académies locales. Il reçoit en outre les Palmes académiques en 1962, pour services rendus aux arts et lettres, le titre de chevalier de l’Ordre national du Mérite en 1978 et des Arts et Lettres en 1988. En 1978, il revient s'établir à Douai, dans son quartier natal et à proximité de Cuincy, où il se remémore ses souvenirs d'enfance. Il participe activement aux manifestations culturelles avec l'Académie des Tiots Pères de Douai, ainsi qu'à de nombreuses journées des auteurs régionaux à travers le Nord-Pas de Calais. Il meurt le 28 juillet 2002 des suites d'une longue maladie.
Robert Boyaval, né à Douai en 1923 a été surnommé le "chantre des Pays Miniers". Fils de mineur, il mènera une carrière de juriste tout en se consacrant à la littérature, obtenant de nombreux prix en France et à l'étranger. Parallèlement à ses écrits en patois il publie plusieurs livres pour la jeunesse. Il participe à l'émission Terrils et Corons sur radio Lille entre 1951 et 1954 enregistrant des poèmes en picard sur la mine (1).
Pour ce fils spirituel du créateur de Cafougnette, c'est le patois qu'il faut défendre en premier lieu, car lui seul est capable, à ses yeux, de rendre compte de la réalité minière. Parler du métier de mineur dans la langue dans laquelle ces ouvriers s'expriment – le patois – telle est la tâche que se fixe Boyaval, dont la vocation d'écrire en picard lui est venue, un jour de 1947, en lisant et entendant des textes de Mousseron (2). Son succès dans les concours régionaux de versification l'a convaincu de la justesse de la voie qu'il a choisie, celle de chanter les corons et la vie de la mine, afin de sauver la langue des siens.
(1) Terrils et Corons, G.E.P., 1968. Parmi ses principaux ouvrages en patois, il faut aussi citer
Au Pays des "Gueules Noires", G.E.P., 1966 ; Dans la Cité de Gayant,G.E.P., 1968 ; Près des Terrils,G.E.P., 1981.
(2) Le poème sur le patois qui est lu ici, n'est pas sans rappeler le poème de Mousseron sur le patois publié dans Autour des terris en 1929 : "J'préfèr'min patois, musiq'dé m'premier âche Qui chaq' jour, fait canter chu qu'a busié min cœur"
Diana Cooper-Richet
Transcription
Bernard Claeys
Vous nous avez dit comment vous était venue votre vocation d’écrivain, à quel âge est-ce que ça s’est produit ?
Robert Boyaval
Ça s’est produit en 1947, et après avoir lu Mousseron, j’ai pensé de continuer son, sa poésie patoise, et je me suis mis à écrire quelques vers. Certains m’ont conseillé de continuer et j’ai alors affronté des concours régionaux du Nord et du Pas-de-Calais. Ayant obtenu quelques succès, j’ai, je me suis décidé à persévérer dans cette voie et en écrivant le patois ; patois du nord des corons comme le français ; j’ai voulu, j’ai voulu décrire la vie de la mine dans le patois, dans le patois régional, étant donné que c’est une langue qui a tendance à disparaître. Il me semble que beaucoup de scènes de la mine sont mieux traités en patois que en français.
Bernard Claeys
Dans le langage qui est propre aux mineurs.
Robert Boyaval
Le langage propre aux mineurs, le langage de tous les jours. Le patois, notre langage. Nous z'ôtes, les habitants du Nord on aime gramint el bavardage Si in dit que l'silence est d’or, dans not' coin, y n'y treuv'point plach'. Not' patois partout on l'connot. In l'prononce d'ville in village.D'lintindr' jamais on s'lach'rôt ; ch'est in celeb' et biau langage. Il est fait d'gramint d'viux mots français, p'têt' déformé ch'est bin possib'. Pou' l’ignorant, y paraît tout à fait incompréhinsib'. Ch’est l' vrai parlé du temps passé, y vient tout drôt ed'nos ancêt', et malgré qu' y sont trépassés, par euch'langage, le souvenir reste.
Bernard Claeys
Je trouve que le métier de mineur est mieux décrit par le patois que parfois par le français.
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