mercredi 10 juin 2026

15./ THEOPHILE BRA , sculpteur et dessinateur romantique, 1797 - 1863, né et mort à Douai et BALTHAZAR CLAËS, le personnage créé par Honoré de Balzac pour son roman "La recherche de l'absolu". - Illustration musicale : "La Recherche de l'absolu" (extraits) de Christophe Sirodeau.

Théophile-François-Marcel Bra, dit Théophile Bra, né le 23 juin 1797 à Douai et mort dans la même ville le 2 mai 1863, est un sculpteur et dessinateur romantique français ; il est né dans une famille d'artistes sculpteurs sur bois depuis quatre générations. Il a fait ses études artistiques à Paris. Ses sculptures sont conservées dans diverses églises de Paris, à Versailles au musée de l'Histoire de France, à Lille, à Valenciennes et au musée de la Chartreuse de Douai. Il a reçu d’importantes commandes officielles sous la Restauration et la monarchie de Juillet pour l'église de la Madeleine, le palais du Louvre, l'arc de triomphe de l'Étoile, le château de Versailles, et pour des statues religieuses. En 1818, il reçoit le second prix de Rome. Il figure dans le célèbre tableau de groupe Charles X distribuant des récompenses aux artistes exposants du salon de 1824 au Louvre le 15 janvier 1825 de François-Joseph Heim (Salon de Paris, 1827). Théophile Bra devient franc-maçon en 1824, appartenant à la loge de la Parfaite Union de Douai. Il a appartenu aux loges de Paris, Lille et Douai entre 1825 et 1840. Durant les années 1820, il connaît un beau succès, les commandes affluent. De 1826 à 1829, il connaît une sorte de désordre mental à caractère mystique. Il va faire la relation de son expérience dans un étonnant document, mélange de méditation, de journal intime et de roman épistolaire, partie intégrante quoique originale de la littérature d'art du romantisme : L'Évangile rouge qu'il a richement illustré à l'encre età la plume de dessins fantasmagoriques. Au début des années 1830, Bra semble fuir le succès. Il quitte Paris en 1847 pour Lille, puis Douai, et s'enferme dans un certain isolement. Parmi ses nombreux contemporains et amis, Balzac*, E. Geoffroy Saint-Hilaire, Alexandre Couder, furent des rares à comprendre les raisons de cette dérive. Par choix, Bra poursuivait un but spirituel élevé, en se concentrant sur le portrait, l'histoire et le sacré, refusant de travailler sur tout autre sujet et pour des commandes officielles venues de musées ou d'éditeurs. Bra participe fortement de l’époque romantique par sa personnalité intransigeante et illuminée et sa spiritualité complexe : il est à la fois bonapartiste et anglophile, chrétien fougueux, disciple de Swedenborg, franc-maçon, admirateur du judaïsme et des religions orientales (hindouisme et bouddhisme) et son inspiration fantastique évoque les univers habités de Goya, William Blake ou Victor Hugo. Il a lègué à la ville de Douai un fonds important de cent boîtes et albums d'écrits compulsifs, voir bruts, contenant 5 000 dessins associés à des textes. Plus de 200 dessins extraits de ce fonds, actuellement à la bibliothèque de Douai, ont fait l'objet d'expositions aux États-Unis et en France, notamment à la Maison de Balzac, au musée de la Chartreuse de Douai et au musée de la vie romantique à Paris. Théophile Bra meurt à Douai le 2 mai 1863. Il est enterré au cimetière de Douai. Son portrait en médaillon en bronze réalisé par René Fache en 1867 orne sa tombe[5]. Jules Henri Cellier a réalisé son portrait en 1858.
*Honoré de Balzac n'est jamais venu a Douai pourtant La Recherche de l’absolu de ce denier entretient un lien profond — thématique, symbolique et même biographique — avec la figure de Théophile Bra, le sculpteur mystique de Douai que Balzc connaissait et admirait. Aucun document officiel de l'époque ne le stipule mais il est fort probable que Balzac e soit inspiré directement de Bra pour créer Balthazar Claës car des convergences sont si fortes qu’elles frappent tous les lecteurs familiers des deux personnages. 1. Le point de départ : Douai comme matrice commune : Le roman La Recherche de l’absolu se déroule à Douai, dans une maison flamande de la rue de Paris, décrite avec un luxe de détails architecturaux qui ancre l’œuvre dans un cadre très proche de celui où vécut Théophile Bra. Balzac connaissait Douai sans n'y être venu même s’il en donne une description extraordinairement précise dans La Recherche de l’absolu mais il connaissait très bien Marcelline Desbordes‑Valmore, poétesse native de la cité flamande, qui l'a renseigné sur la configuration de la ville. Balzac était proche de la poétesse, qui lui a fourni : atmosphère des maisons flamandes, détails de la rue de Paris et la mentalité bourgeoise locale ; également Balzac connaissait est admiré Théo Bra et l'on peut aisément penser que le personnage de Balthazar Claës soit fortement inspiré de Théophile Bra, son esprit méthodique et passionné. Les deux personnaliés Bra et Claës ont leur ancrage commun dans la ville flamande de Douai, porte des Flandres, marquée par un imaginaire de maison patricienne, tradition, mysticisme et rigueur, crée déjà un terrain symbolique partagé. Balthazar Claës et Théophile Bra sont deux figures de l’obsession absolue, Même si Balzac ne cite jamais Bra, les parallèles sont nombreux : Une quête dévorante de l’Absolu ; Claës cherche le principe de la matière, au prix de sa fortune et de sa famille, Bra recherche l’absolu spirituel, dans l'écriture de milliers de pages mystiques (L’Évangile rouge), au prix de son équilibre social. Claës est décrit comme un homme « pris par le démon de la recherche », fiévreux, illuminé, Bra est connu pour ses visions, ses transes, ses dessins hallucinés, son mysticisme swedenborgien. Claës ruine sa famille, Bra ruine sa carrière officielle, s’isole, et sombre dans une marginalité créatrice. Balzac insiste sur la maison flamande comme matrice psychique de l’obsession, Bra, lui, vit dans un univers domestique saturé de symboles, de dessins, de manuscrits. Balzac a trouvé dans Douai un type humain — le visionnaire flamand — dont Bra est l’incarnation la plus spectaculaire. La critique universitaire souligne que Balzac utilise Douai comme laboratoire de l’absolu, tant scientifique que poétique, Bra, de son côté, est littéralement un laboratoire mystique vivant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

16./ JEAN BOLOGNE ou JEAN DE BOLOGNE, 1529 - 1608, sculpteur né à Douai. - Illustration musicale : "Missae Papae Maecelli" de Pierluigi da Palestrina (1525 - 1594).

- Collections du Louvre : Portrait de Jean Bologne (1529‑1608). Jean Bologne ou Jean de Bologne, est plus internationalement connu sous so...